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Le 3 octobre 2006

Christine Nordhagen : Un hommage international présenté à une pionnière de la lutte


L'article - la courtoisie de l'Association Entraînant de Canada et ses Femmes dans Entraîner de Programme

La nouvelle était complètement inattendue. Comme il le fait chaque jour, Leigh Vierling consultait les sites Web internationaux consacrés à la lutte. Leigh, qui est l’entraîneur de l’équipe nationale féminine senior de l’Association canadienne de lutte amateur, a sursauté en lisant l’article qui figurait en manchette sur le site de l’organisme US Wrestling. Dans cet article, il était annoncé qu’en octobre, la Fédération internationale des luttes associées (FILA) allait pour la toute première fois introniser une femme au Temple international de la renommée de la lutte. Cette femme, c’était la Canadienne Christine Nordhagen, six fois championne du monde et épouse de Leigh depuis sept ans.

«C’est un immense honneur; c’est extraordinaire parce que c’est la première fois que quelqu’un du Canada – et qu’une femme – est intronisé au Temple. J’ai été très étonnée lorsque Leigh me l’a annoncé parce que je ne savais même pas qu’il existait un Temple de la renommée», dit Christine, qui a appris la nouvelle le jour de son 35e anniversaire.

Christine Nordhagen

Cet honneur a peut-être stupéfait la modeste championne originaire de la petite ville Valhalla Centre, en Alberta, mais ce n’est certainement pas le cas de quiconque ayant suivi sa brillante carrière. Elle a toujours réussi l’impossible et balayé les obstacles dès ses premiers combats à l’Université de l’Alberta au début des années 90, alors qu’elle étudiait en vue d’obtenir un diplôme en éducation. Surmontant l’hostilité de certains individus et ayant la volonté de faire ses preuves, elle a appris à relever les défis associés au rôle de pionnière dans un sport dominé par les hommes.

Dès les Championnats canadiens de 1992, première année où les femmes purent participer, elle s’est révélée être une formidable compétitrice porteuse d’un potentiel énorme. En douze ans de carrière, elle a, outre ses titres mondiaux, remporté dix victoires lors des Championnats nationaux et deux lors des Championnats panaméricains; elle s’est aussi classée en cinquième place aux Jeux olympiques de 2004. En 1997, la FILA lui a décerné le titre de meilleure lutteuse au monde et elle a été intronisée au Temple canadien de la renommée de la lutte.

Maintenant entraîneure et espérant diriger l’équipe qui prendre part aux Jeux olympiques de 2012, Christine continue son œuvre de pionnière et ne se laisse pas décourager par les obstacles qu’elle doit surmonter pour réaliser son objectif.

Sa carrière d’entraîneure est née de ses succès rapides et de ses indéniables habiletés, qui l’ont amenée à jouer un rôle de mentore et de modèle auprès des jeunes femmes qui commençaient à s’intéresser à la lutte. Pour subvenir à ses besoins tout en pratiquant son sport, elle a enseigné à temps partiel pendant neuf ans en se demandant sans cesse si elle pourrait gagner sa vie en tant qu’entraîneure. «Comme j’étais mariée à un entraîneur de lutte, je comprenais à quel point il est difficile de vivre de ce métier et je me demandais si c’était une idée réaliste. Je voulais le faire mais je savais à quel point cela comportait de défis d’obtenir un poste avec salaire.»

Le fait de savoir que le chemin serait parsemé d’embûches n’a pas étouffé la flamme de Christine. Elle est actuellement entraîneure adjointe à plein temps du club de lutte de l’Université de Calgary. Toutefois, comme ses fonctions ne sont pas rémunérées, elle gagne sa vie depuis plusieurs années en présentant des conférences. Après les Jeux d’Athènes, elle a signé un contrat avec la société pétrolière ConocoPhillips et, depuis mai dernier, elle est aussi représentante d’EnCana, une autre entreprise pétrolière. «Je me rends dans les écoles et j’encourage les enfants à faire des choix sains; je leur communique un message positif», indique-t-elle. À l’instar de plusieurs médaillés olympiques albertains de grande renommée, comme Beckie Scott, Clara Hughes et Thomas Grandi, elle est membre de l’équipe «Sport for Life», une initiative parrainée par l’Alberta Alcohol and Drug Abuse Commission (AADAC) qui vise à transmettre un message antitabac dans les écoles de la province. Cet arrangement lui permet de bénéficier de suffisamment de temps libres pour entraîner lorsqu’elle ne voyage pas pour s’adresser aux enfants.

Christine est tout à fait consciente que les occasions de parler en public pourraient être de moins en moins fréquentes et que, si cela se produit et que son travail d’entraîneure demeure non rémunéré, elle devra se chercher un autre emploi. Bien qu’elle n’écarte pas un retour à l’enseignement, elle a l’intention de «faire ce que je peux pour faire carrière dans l’entraînement. La situation idéale serait d’obtenir un salaire pour mes services d’entraîneure. Je devais recevoir 3 000 $ par an mais ne n’ai rien touché encore car le club n’a pas les ressources nécessaires et l’université paie uniquement les entraîneurs en chef. Essentiellement, je dois trouver une façon de créer mon salaire. Je vais continuer de me débrouiller et essayer de faire preuve de créativité. Je sais que je dois prendre la situation en main. Par exemple, si je trouve de nouveaux moyens de recueillir des fonds, en organisant un tournoi de golf, par exemple, cela permettrait de réunir une certaine somme et peut-être qu’une partie de cette somme pourrait servir à me verser un salaire».

Christine a été choisie pour participer à titre d’apprentie entraîneure au Programme d’apprentissage en entraînement d’une équipe nationale (PAEEN) 2005-2007 de l’ACE, qui a pour objet d’offrir aux entraîneures des occasions de travailler au sein de programmes d’équipes nationales pendant les préparatifs pour des compétitions d’envergure. «Cette subvention est formidable; j’ai apprécié le soutien que l’ACE m’a fourni. Grâce au PAEEN, j’ai pu faire des choses vraiment intéressantes. Je suis une formation pour obtenir ma certification de Niveau 4/5 du PNCE et, en juin, j’ai participé aux Championnats panaméricains de Rio de Janeiro en tant qu’entraîneure adjointe et j’ai pu exercer considérablement mes qualités de chef de file. Toujours en juin, j’ai été entraîneure adjointe aux Championnats mondiaux universitaires de lutte en Mongolie. Ce fut vraiment deux événements très enrichissants.»

L’un des inconvénients de ces périodes d’absence prolongées est qu’il lui est difficile de jouer son rôle de conférencière, qui est tout de même, ne l’oublions pas, son gagne-pain. «Ce serait plaisant de pouvoir fixer toute mon attention sur l’entraînement et de me perfectionner en tant qu’entraîneure. En ce moment, je ne peux pas vraiment accorder la priorité à l’entraînement mais je m’y consacre le plus possible. Ce serait bien d’être payée pour entraîner et de concentrer toute mon énergie là-dessus.»

La situation actuelle de Christine lui rappelle ses premières années de pionnière dans la lutte. «C’est assez semblable parce que certaines personnes pensent que je bénéficie de plus de possibilités parce que je suis une femme. Cependant, la plupart des gens comprennent qu’il est normal qu’il y ait des femmes qui entraînent parce qu’il y a des femmes qui pratiquent la lutte. Il y a beaucoup d’intérêt, plus souvent positif que négatif, et les choses vont éventuellement débloquer.»

Habiter à Calgary offre des avantages. À la suite de l’atelier des entraîneures nationales du programme Les entraîneures de l’ACE en mars 2006, de nombreuses participantes ont commencé à se réunir une fois par mois autour d’un café pour faire la conversation. «C’est un groupe qui offre un excellent soutien. Nous pouvons parler de nos problèmes ou tout simplement recevoir des encouragements. Les femmes aiment communiquer et discuter; nous n’avons pas autant de difficulté que les hommes à demander de l’aide et des suggestions. Lorsque je quitte le café, je me sens pleine d’inspiration parce que je sais que ce groupe m’appuie et pense que je peux réaliser mes objectifs.»

Entre-temps, Christine s’efforce de conserver son attitude de «battante» et fait ce qu’elle a toujours fait auparavant : elle s’attarde aux éléments positifs, fait face aux temps morts et aux défis et utilise les habiletés acquises lorsqu’elle était athlète pour poursuivre son cheminement dans le monde de l’entraînement.

Par: Sheila Robertson



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